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Curiosité : le laboratoire souterrain à bas bruit du Luberon

Curiosité : le laboratoire souterrain à bas bruit du Luberon

La pépite scientifique du luberon héritée de la guerre froide à Rustrel

À la fin du siècle précédent, il s'en est fallu de peu pour que, dans l'indifférence générale, il ne voie jamais le jour. Une quinzaine d'années plus tard, représentants de l'État, élus locaux et conseillers généraux rivalisent de formules pour louer l'existence du Laboratoire souterrain à bas-bruit (LSBB) et s'enthousiasmer pour son potentiel de développement.

 

Implanté dans les installations de l'ancien site terrestre de lancement de missiles nucléaires du plateau d'Albion - construit à la fin des années 60 alors que la France développait son arsenal nucléaire - la "pépite de Rustrel", comme certains l'appellent, présente des caractéristiques uniques au monde. Son tunnel de 1 km est enfoui à 500 m sous la terre en plein dans la plus grande ressource en eau souterraine de l'espace méditerranéen. C'est parce qu'elle est une sorte de réplique géologique de ses champs pétroliers dans la péninsule arabique que le géant Total y conduit des recherches.

Mais surtout, son tunnel est construit pour résister à tout type d'agressions militaires abrite la capsule blindée dans laquelle se relayaient 24 h sur 24 les officiers de tir pendant la Guerre froide. Rayonnement terrestre, champ magnétique, attaque balistique, rien ne peut atteindre cette chambre forte de 1 250 mètres cube nichée à 518 m de profondeur dans la montagne.

Un peu comme l'étaient les tombeaux des pharaons dans leurs pyramides. "Le champ magnétique à l'intérieur est 100 fois inférieur à celui d'un cerveau au repos, cela permet des enregistrements d'une qualité exceptionnelle", résume Stéphane Gaffet, le directeur du LSBB. Ses caractéristiques uniques au monde intéressent de nombreuses disciplines : sismologie, médecine, géomécanique, électronique... et permettent un croisement fécond.

Qui pour financer les 9 M€ ?
Aujourd'hui, ce site si prometteur où 13 projets de thèses sont en cours et qui a accueilli 300 chercheurs tout au long de l'année plafonne. Tout doit y être rénové et réorganisé et de nouveaux appareillages doivent être installés pour le faire monter à pleine puissance et accroître ses capacités de recherche.

Un projet dans ce sens est prêt : il faut mettre en place de nouveaux dispositifs de confidentialité, réorganiser les espaces de travail en les sortant de la galerie pour les installer sur une plateforme extérieure, améliorer la séparation acoustique, et s'équiper de nouveaux appareillages : capteurs sismiques, caméras à muons, spectromètre à neutron, magnétomètre... Le tout pour un budget de 9 M€ sur six ans qui restent à trouver.

Discret par essence, le laboratoire à bas bruit veut maintenant faire parler de lui et retentir jusqu'en haut lieu afin de décrocher les financements nécessaires à son développement. Les responsables du LSBB s'activent depuis quelques semaines pour convaincre les différents partenaires de mettre au pot. La semaine dernière, une réunion se tenait au Conseil général.

Déjà, il semble acquis que le projet sera inscrit au prochain contrat de plan Etat-Région. Des crédits européens sont aussi espérés à hauteur de 3 M€. Mais le LSBB ne pourra pas faire l'économie d'une refonte de sa gouvernance aux yeux du préfet de Vaucluse.

Détenu par une communauté de commune, le LSBB rassemble un grand nombre d'acteurs du monde scientifique . "Il y a beaucoup de partenaires, ce n'est pas facile d'identifier un chef de file. Il faudra clarifier tout ça", souligne Yannick Blanc.

Romain Cantenot

http://www.laprovence.com/article/economie/3243618/la-pepite-scientifique-du-luberon-se-cherche-un-avenir.html